Culture Musique

Histoire de la culture Malûf

Les grandes écoles musicales d'Andalousie et leurs échos au Maghreb

L'Épopée de la Musique Arabo-Andalouse en Afrique du Nord

La musique dite arabo-andalouse s’est développée en Espagne, et plus précisément en Andalousie, pendant les croisades musulmanes qui ont conquis beaucoup de territoires du Sud de l’Europe. Cette musique s’est ensuite propagée grâce aux échanges importants entre les centres culturels d’Andalousie, formant trois grandes écoles, qui selon certaines théories seraient jumelés à des pôles culturels du Maghreb d’aujourd’hui :

  • Grenade

    Tlemcen, Oran, Nedroma en Algérie ainsi que Rabat, Salé, Tanger et Tetouan au Maroc

  • Cordoue et Valence

    Alger, Blida et Béjaïa en Algérie ainsi que Fès, Meknes et Oujda au Maroc

  • Séville

    La grande région de Constantine et les villes avoisinantes en Algérie, Tripoli en Libye, Kairouan et Testour en Tunisie

La tradition musicale arabo-andalouse s’y est développée jusqu’à nos jours, particulièrement dans les villes ayant accueilli les réfugiés andalous, dont la ville de Constantine.

Il y a plusieurs théories concernant le développement et la propagation de cette musique, mais ce qui est sûr, c’est que depuis son arrivée en Afrique du Nord, elle a beaucoup évolué et/ou muté par rapport à ce qu’elle était en Andalousie.

Aujourd’hui, on ne peut nier la contribution des Maghrébins de toute origine ethnique ou obédience religieuse au développement de cette musique.
Cette évolution et/ou mutation est tout à fait normale car rappelons-le, cette musique est transmise de bouche à oreille, et donc par nature sujette à l’appréciation de l’oreille de la personne qui la reçoit.

De plus, du fait de sa migration vers le Maghreb, aujourd’hui quand on fait des statistiques sur le pourcentage qu’occupent les Nawba, Bachraf, Inqilabate et Touchia dans le répertoire constantinois, on trouve que c’est inférieur à 30%. Le reste est composé de répertoire typiquement maghrébins tels que le Mahdjouz, le Hawzi, …etc.

C’est pour cela qu’au sein de l’association Culture Musique nous préférons adopter l’appellation “Musique traditionnelle maghrébine” qui à notre sens est plus juste d’autant plus que nous sommes ouverts à d’autres répertoires tels que le Malhoun, le Kabyle, etc. qui sont pleinement maghrébins.

Aujourd’hui, nous ne trouvons aucune preuve factuelle de cette théorie, ni en Andalousie, ni dans les pays du Maghreb.

La musique arabo-andalouse, bien que reposant sur des règles très strictes, est une musique non écrite, se transmettant oralement de maître à élève.

Elle aurait été fondée au 10ème siècle par un artiste nommé “Ziryab” ; un grand artiste qui aurait immigré de l’Orient vers l’Andalousie, fuyant les foudres de son maître “Ishaq Al Mawsili”.  Ce dernier l’aurait jalousé pour avoir commencé à rayonner et avoir du succès auprès de la cours du roi de part son talent.

Al Mawsili voulant à tout prix garder son prestigieux titre d’artiste du roi, il aurait commencé à créer des problèmes à Ziryab poussant ce dernier à l’exil.

Arrivé en Andalousie, Ziryab poussé par l’amertume de l’exil, se mit en tête de créer une nouvelle musique totalement différente de la musique orientale afin de bien marquer une scission avec l’apprentissage de son maître Ishaq Al Mawsili. Il s’inspira des instruments médiévaux qu’il avait découvert en Andalousie, en plus du savoir acquis en Orient et de son immense talent, et finit par développer le système des “Nawba” avec les 5 mouvements rythmiques et les différents modes musicaux qu’il aurait développé également.

On raconte qu’autrefois, il y avait 24 Nawba, chacune ayant son propre mode et correspondant à une heure spécifique de la journée. Aujourd’hui, nous n’avons aucune preuve concrète de cela. Les différentes écoles du Maghreb compte pour la plupart moins de 10 Nawba . Il faut également noter que dans certaines écoles, l’appellation Nawba s’est étendue aujourd’hui pour couvrir d’autres types de structures musicales telle que les “Nawba des Inqilabates” par exemple.

Bien avant la chute de Grenade, de nombreux musiciens, de toute religion et origine ethnique, s’étaient repliés en Afrique du Nord, évidemment le reste de la population a suivi après la reconquête de l’Andalousie par les conquistadores et la re-christianisation de la région.

Le texte ci-dessus a été tiré partiellement du livre du maître Kaddour Dersouni, publié au début des années 2000, puis mis à jour et complété par nos soins.
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